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20/10/2007

Histoire belge - Mort, enterré, mais vivant !

1172727911038febc9cecd0a69370d13.jpgJacques Bertrand, 70 ans, est décédé le 18 août sur un voilier à Djibouti. Il a été inhumé le 28 septembre. Et pourtant

BRUXELLES Si l'on ne parlait pas d'un deuil impossible pour toute une famille, on pourrait presque sourire de la situation rocambolesque vécue par Marc et Caroline. "Mon beau-père est décédé, il a été enterré mais pour le registre national il est toujours vivant !", nous explique Marc.

Cette bizarrerie mérite une petite explication. "Durant le mois d'août, mon beau-père est parti sur le voilier d'un de ses amis. Il devait rejoindre l'Australie pour y rendre visite au fils de l'ami." La magnifique croisière a démarré de Marseille. "Ils sont passés par la Corse, la Sardaigne, l'Égypte." Et puis, arrivé au large de Djibouti, c'est le drame. Le 28 août, Jacques Bertrand, 70 ans, le beau-père de Marc, est décédé.

"Il est mort sur le bateau. Il a fallu deux jours pour arriver au port de Djibouti. C'est à ce moment-là que nous avons été prévenus du décès par le ministère des Affaires étrangères". En principe, dans pareil cas, les choses sont simples. Il suffit de rapatrier le corps... Oui mais.

"Lorsqu'il y a un décès sur un lieu public, et la mer en est un, il faut une autopsie", nous explique Marc. "Or, il n'y a pas de médecin légiste dans ce pays."

Premier hic. "En plus, il n'y a pas d'ambassade de Belgique en Éthiopie. Il est normalement représenté par l'ambassade de France. Un représentant belge a quand même dû se déplacer sur place pour finaliser les démarches."

Finalement, au bout de trois bonnes semaines de démarches, le corps de Jacques Bertrand a enfin été rendu à la famille. "Nous l'avons enterré aux côtés de son épouse le 28 septembre, ici, à Marcinelle."

Par définition, un homme inhumé est décédé... Oui mais...

"Pour le registre national il n'est pas mort. L'acte de décès fourni à Djibouti n'est pas valable en Belgique." Et que faut-il de plus alors ? "Un document type. Or, lorsque nous prenons contact avec les autorités à Djibouti, elles ne savent pas de quoi on parle." C'est le serpent qui se mord la queue !

"On nous a conseillé de nous rendre nous-mêmes à Djibouti pour faire accélérer les choses. Mais puisqu'ils ne savent quels papiers me donner, qu'est-ce que cela va changer ?" Effectivement. Et donc ? "On doit attendre, on nous a déjà prévenus que cela pourrait prendre des mois avant de régulariser la situation". Des mois pour déclarer un homme enterré mort.

Le défunt touche encore sa pension

"Imaginez la tête du notaire ou de l'employé communal quand on vient pour régler la succession d'un homme toujours vivant... Imaginez lorsqu'on doit envoyer un papier à la caisse de pension pour qu'elle arrête de payer la pension de quelqu'un de décédé mais vivant... Sans parler des papiers de succession, il reste 5 mois pour les rentrer mais actuellement on ne peut rien faire !"

 



Emmanuelle Praet

© La Dernière Heure 2007

http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/187875/mor...

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