Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

26/01/2008

Le pavé qui bouge tout seul

c49ea56172b97d8ac0a5c68804060ded.jpgÀ Bruxelles, un quartier s'étonne : toutes les nuits, un pavé se déplace !

BRUXELLES C'est un employé de la ville de Bruxelles, un navetteur habitué de la gare de la Chapelle, qui observait le phénomène depuis déjà l'an passé. Cela l'amusait. Un soir, le pavé se trouvait sous le tunnel de la Jonction Nord-Midi; le lendemain, le bloc s'était déplacé à l'autre bout du tunnel, près de l'institut Sint-Jan Berchmans.

Le soir, le même pavé, comme pourvu de petites jambes invisibles, avait changé de place et le voilà rue du Miroir. Le lendemain, il avait traversé la rue et atteint le début de la rue des Tanneurs. Le navetteur s'est piqué au jeu, s'est amusé à observer les pérégrinations et a voulu comprendre le phénomène. Les petits tas de morceaux de verre le long du trottoir lui ont fourni l'explication du mystère.

Le gros pavé servait depuis tout un temps aux voyous du quartier dont le sport favori consiste à péter les carreaux de voiture. Les voyous ont soigné ce pavé. Ils se le sont refilé de main en main, de casse en casse, veillant sur lui et prenant soin de le remettre soigneusement à sa place après usage, de façon qu'il puisse continuer de leur être utile.

C'est un pavé que M. Mohamed Zekkoury connaît très bien.

Mohamed Zekkoury, 45 ans, est marié. Le couple a six enfants. Ce que M. Zekkoury possède, il l'a acquis par le travail. Mohamed a débuté comme plongeur au Piccolo Mondo de la rue Jourdan, restaurant connu à Bruxelles. Avec le temps, M. Zekkoury a pu gagner la confiance de son patron qui lui a proposé un poste de cuisinier. Il a fallu du courage. Mohamed n'a jamais fini avant minuit. Mais il a pu s'offrir le véhicule qui correspond aux besoins de sa grande famille, un Mercedes Vito.

"Il était 2 h du matin. Je m'étais garé au coin de la rue des Tanneurs. Je regardais la télé, en pyjama, avant de me mettre au lit. J'ai entendu le bruit à travers les volets. Le temps d'arriver à la porte, ceux qui avaient lancé le pavé dans ma camionnette s'enfuyaient par le haut de la rue. J'étais pieds nus : impensable de les rattraper. Le pire, c'est la gratuité, le plaisir de casser pour casser : il n'y avait rien à voler...".

Hier matin, le pavé avait encore été déplacé. Et il y avait encore de petits tas de verre dans la rue des Tanneurs, au pied d'une voiture cassée pendant la nuit. Mais on a compris, à présent, dans le quartier, pourquoi le pavé ne cessait de bouger tout seul. Nous ne dirons pas la cachette mais ce pavé-là en tout cas, maintenant, ne fera plus de mal.

 


Gilbert Dupont

© La Dernière Heure 2008

http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/196613/le-...

Les commentaires sont fermés.